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L’Union européenne : crise d’identité ?

Si la construction de l’Union européenne, au fil des dernières décennies, est un fait majeur de notre temps qui structure profondément notre rapport aux grandes questions politiques, sa crise l’est tout autant. Elle fait l’actualité depuis quelques années, au point même où certains redoutent la dissolution de ses grands symboles, comme l’euro, alors que d’autres proposent tout simplement d’en sortir. Chose certaine, on spécule sur l’avenir de plus en plus incertain de l’Europe. Certains se désolent de ses blocages et prônent une intégration officiellement fédérale, alors que d’autres, inversement, en appellent à une renationalisation de la politique européenne. On ne saurait dire pour l’instant de quelle manière elle sortira de cette crise de longue durée.

Mais il ne faut pas faire l’erreur de réduire cette crise à ses seules dimensions techniques. De la question de la monnaie commune à celle des frontières communes, à celle des institutions politiques communes et de la politique étrangère commune, une interrogation surgit inévitablement : quelle est la nature de cette « communauté » européenne? Qu’est-ce que les nations européennes mettent en commun dans l’Union européenne? Quelle part d’elles-mêmes y investissent-elles et de quelle manière leur participation à l’Europe les transforme-t-elle intimement? Jusqu’où doit aller la construction européenne? Cela implique évidemment d’avoir une idée de la communauté qu’on entend construire. À partir de quelle idée de « l’identité européenne » travaille-t-on à construire une communauté politique européenne? Ce dont il est question, en d’autres mots, c’est de la nature du projet politique européen et de la définition de la civilisation européenne à laquelle il se réfère.

 
PAR : MATHIEU BOCK-CÔTÉ
Sociologue (Ph.D.), chroniqueur

 
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