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Vers une politique de la convergence culturelle et des valeurs québécoises

Dès les tous débuts de l’histoire du Québec, une certaine idée de l’intégration s’imposa : plutôt que de préserver son bagage culturel antérieur et de le transmettre intact à ses descendants, chaque nouvel arrivant était invité à adhérer à la culture et aux valeurs de son nouveau pays tout en contribuant à son évolution, notamment en puisant dans son bagage culturel antérieur.

Dans la foulée de la Révolution tranquille, les Québécois durent réactualiser leur modèle d’intégration. Ils le firent en promouvant auprès des nouveaux arrivants leur langue grâce à une loi, la Charte de la langue française, et leur culture grâce à une politique, la Politique québécoise du développement culturel. Cette politique prônait la convergence culturelle, soit le fait que la culture québécoise de tradition française constitue la culture commune et le foyer de convergence des traditions culturelles des minorités ethniques présentes au Québec et, pour ce faire, qu’elle s’enrichisse d’apports provenant de ces traditions.

À la lumière de l’échec du multiculturalisme, notamment en Grande-Bretagne, et du rejet des effets de cette idéologie et de celle de l’interculturalisme par une vaste majorité de Québécois, toutes origines confondues, la convergence culturelle est maintenant plus pertinente que jamais. C’est pourquoi nous proposons l’adoption d’une Loi sur la convergence culturelle et les valeurs québécoises qui insisterait moins sur les races ainsi que les religions, et davantage sur la culture qui a le potentiel de contribuer au partage de valeurs communes. À cette fin, cette loi mettrait l’État québécois au service de principes et de valeurs : le lien consubstantiel entre la langue française et la culture québécoise, l’impératif de la préservation du statut majoritaire de la culture québécoise et de la langue française, le refus de l’assimilation des minorités ethniques, l’intégration, l’appropriation identitaire, la mixité, le rôle vital des œuvres et productions artistiques, l’égalité femme-homme, la neutralité religieuse de l’État, la sécurité et la protection des enfants. Une politique gouvernementale et des politiques sectorielles pourraient compléter cette loi.

* Les auteurs tiennent à remercier M. Jocelyn Beaudoin, LL.B., pour ses commentaires et son aide à la recherche dans la réalisation de la présente étude.

 
Étude dirigée par :

GUILLAUME ROUSSEAU, LL.B., LL.M, LL.D., Ph. D., Avocat
Professeur à la Faculté de Droit de l’Université de Sherbrooke
 

Réalisée en collaboration avec :
FRANÇOIS CÔTÉ, LL.B., LL.M., M.II., M.Sc., Avocat
 

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