« Quelque chose comme un grand peuple »

Samedi, 3 novembre 2018

Complexe des sciences Pierre-Dansereau
200, rue Sherbrooke Ouest

 

Un peuple, quel qu’il soit, à certains moments de son aventure collective, et surtout après des périodes difficiles ou lors de réelles transformations historiques, est amené à examiner sa situation collective. Il doit se redéfinir pour continuer d’exister, pour éviter de se fossiliser. Il est de plus en plus évident que le Québec est rendu à un tel moment. Les Québécois cherchent de nouvelles manières de décrire ce qui les ressemble, de nommer ce qu’ils ont commun. Ils se demandent ce qu’est devenue la question nationale. Ils cherchent aussi de nouvelles manières de débattre collectivement, pour redonner du tonus à leur vie démocratique. De la même manière, ils veulent conserver et approfondir leur différence en Amérique en l’inscrivant dans la nouvelle époque dans laquelle nous entrons. Dans le cadre de la onzième édition de son colloque annuel Quelque chose comme un grand peuple, l’Institut de recherche sur le Québec propose une réflexion de grande ampleur sur la situation et l’avenir du nationalisme québécois.

Situation du nationalisme québécois après le 1er octobre: vers un nouveau contexte historique

Les récentes élections québécoises ont entrainé un réalignement politique significatif au Québec, avec la décomposition de l’affrontement entre les souverainistes et les fédéralistes, qui avait structuré la vie collective depuis la Révolution tranquille. Mais nous sommes moins témoins d’un effondrement du nationalisme que de sa mutation. Nous passons du souverainisme de centre-gauche à l’autonomisme de centre-droit. La question identitaire, qui ne cesse de travailler la société québécoise depuis plus de dix ans, jouera manifestement un rôle central dans ce nouveau cycle politique. Dans ce contexte, aussi marqué par l’effondrement du Parti libéral, les souverainistes sont refoulés dans les marges de l’espace public, mais disposent encore d’un appui électoral significatif. Ils sont toutefois profondément divisés.

Rien n’est plus urgent, dans les circonstances, que de penser la recomposition politique en cours, pour voir quelles possibilités s’ouvrent pour les nationalistes québécois, et cela plus encore dans un contexte politique qui pourrait aboutir à une réforme du mode de scrutin. Dans la première partie du colloque, nous recevrons des analystes politiques qui chercheront à éclairer la situation politique en toute objectivité. Dans la deuxième partie, nous recevrons des intellectuels et commentateurs représentant les différents courants qui s’expriment aujourd’hui au nom du nationalisme québécois.

Nous aurons le souci d’accueillir la plus large palette possible de représentants, pour permettre la discussion la plus libre et fructueuse sur la question, au-delà de la partisannerie. Il s’agira de réfléchir aux paramètres qui définiront cette nouvelle époque dans l’avenir du nationalisme québécois.

 

Programme

 
9 h Ouverture du colloque avec Mathieu Bock-Côté, sociologue, chargé de cours à HEC Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et Etienne-Alexis Boucher, président du Mouvement national des Québécoises et Québécois
 
9 h 15 TABLE-RONDE : « Où en est le nationalisme québécois : regards d’observateurs », animée par Mathieu Bock-Côté
 
Robert Laplante, directeur de L’Action nationale
Paul Journet, éditorialiste à La Presse
Antoine Robitaille, chroniqueur au Journal de Montréal
 
10 h 45 Période de questions
 
11 h PANEL : « Un regard historique »
 
Charles-Philippe Courtois, historien
Guillaume Rousseau, professeur à l’Université de Sherbrooke et juriste
Louise Mailloux, philosophe et essayiste
 
12 h Période de questions
 
12 h 30 Dîner libre
 
14 h PANEL : « L’avenir du nationalisme »
 
Jean-Martin Aussant, économiste
Yves-François Blanchet, animateur et commentateur politique
Simon-Pierre Savard-Tremblay, sociologue
Catherine Fournier, députée de Marie-Victorin
 
15 h Période de questions
 
15 h 30 Pause
 
15 h 45 PANEL : « Que devient la question nationale? »
 
Mathieu Bock-Côté, sociologue et chroniqueur au Journal de Montréal et au Figaro
Éric Martin, professeur de philosophie au CÉGEP Édouard Montpetit
Josée Boileau, journaliste
David Leroux, essayiste et auteur du livre Anésthésie générale
 
16 h 45 Période de questions
 
17 h Mot de clôture
 

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